LES COULOIRS DU POUVOIR
- Karin Warin
- 23 août 2025
- 4 min de lecture
J’ai refermé l’article, hors de moi.
“Comment les femmes peuvent s’imposer dans le monde professionnel ? Elles doivent engranger davantage de capital d’expérience, fait de connaissances, de compétences et de bon sens qui ne s’acquièrent que sur le terrain.”
Vraiment ? On en est ENCORE là ?

Et pourtant, les chiffres sont têtus.
– À l’université, les filles représentent 50 % ou plus des étudiants dans des filières variées.
– Mais dans la vie active, elles n’occupent que 29 % des postes de direction, et encore moins dans les comités exécutifs.
– À poste égal, elles progressent moins vite que les hommes vers les rôles de leadership.
Alors, j’ai relu l’article calmement. Et j’ai admis que ce capital d’expérience, je l’avais engrangé.
De la bonne entreprise aux choix audacieux : comment j’ai construit une trajectoire de leader (et comment vous pouvez le faire)
1) Commencez par la bonne entreprise
L’article le rappelle : l’organisation que vous rejoignez en début de carrière façonne votre trajectoire. Formation, mobilité interne, transversalité, diversité : ces ingrédients accélèrent la progression, surtout quand on vise des rôles d’influence.
Mon exemple : Renault Trucks
.– Culture de la formation exigeante, qui m’a donné des bases solides.
– Mobilité forte et transversalité : j’ai pu passer d’un univers à l’autre sans être rangée dans une case.
– Diversité bien réelle, qui ouvre des perspectives et met au contact d’équipes et de métiers variés.
Résultat : j’ai appris vite, pris de l’ampleur, et gagné en confiance pour la suite.
2) Faites des choix forts et visibles
Le texte insiste : il faut oser des décisions audacieuses pour agrandir son capital d’expérience.
Voilà comment je m’y suis prise :
– Postes salariés audacieux : à l’export, puis acheteuse, puis marketing. J’ai volontairement créé des ponts entre fonctions. Par curiosité. Par envie d’un meilleur salaire. Pour prouver que je pouvais le faire.
– Entrepreneuriat : un changement de cap assumé.
– Reprise d’entreprise : autre cap, autre risque, autre apprentissage.
– Transmission : j’enseigne l’égalité et l’inclusion à de jeunes ingénieurs, pour qu’ils comprennent les enjeux réels en entreprise.
– Écriture : trois livres sur des causes qui comptent, dont la loyauté à soi sans culpabilité. Écrire, c’est cadrer une pensée et affirmer une position.
– Collectif de dirigeants avec des amis entrepreneurs : entrer ensemble dans le couloir des décisions, c’est se rendre visibles, partager des opportunités et se soutenir.
Message clé de l’article : activez vos réseaux, proposez des idées, racontez votre trajectoire, sinon quelqu’un d’autre racontera votre histoire à votre place.
3) Assumez les biais… puis déjouez-les
Les biais existent. Je les ai entendus.
« Vous êtes l’animatrice ? » alors que je préside le club
.« Vous êtes la femme du dirigeant ? » alors que je suis associée à 50/50 ET que ce n'est pas mon conjoint....
« C’est risqué d’investir sur vous pour un LBO » quand je reprends une entreprise.
Et, pendant ce temps, je gère deux enfants de deux pères différents, deux séparations, des déménagements, des ados, des aléas professionnels.
Conclusion : la vie réelle n’empêche pas le leadership. Elle en forge la colonne vertébrale.
4) Les freins systémiques existent. On avance quand même, et on les attaque par les deux bouts
Ce que l’article pointe juste :
(1) Freins culturels et stéréotypes (par exemple l’aversion au risque qu’on colle aux femmes) et un environnement institutionnel souvent peu adapté.
(2) Articulation vie pro/vie perso, accès au financement, reconversion, reprise/transmission : les obstacles sont concrets.
(3) Mixité : c’est un levier de transformation et d’innovation – y compris dans des secteurs “traditionnels”.
Je milite donc pour l’émancipation économique des femmes. Et en attendant que le système s’aligne, nous pouvons agir dès maintenant.
5) Le plan d’action tiré de l’article (pages pratiques)
– Choisissez l’entreprise, pas seulement le titre : visez formation, mobilité, diversité, projets transverses.
– Traitez l’entretien comme un processus à double sens : évaluez la culture, la qualité du management et la réalité des promotions.
– Proposez, osez, cadrez des décisions : votre trajectoire se lit dans vos choix, pas dans vos intentions.
– Activez votre réseau : demandez du sponsoring, partagez vos résultats, soyez explicite sur vos ambitions.
– Concluez vos rendez-vous avec assurance : résumez contributions et prochaines étapes.
– Misez sur les compétences transversales : les soft skills représentent 25 % des 20 compétences les plus demandées dans les offres d’emploi ; ne laissez pas votre technique masquer votre leadership.
– Changez de secteur quand c’est pertinent : vos compétences sont transférables, et ce mouvement augmente votre capital d’expérience.
– Devenez technologue à votre manière : il existe une multitude de rôles liés aux technologies sans exiger un bagage d’ingénieur.
– Exploitez l’IA pour cadrer, accélérer, prototyper, tester et amplifier votre impact.
6) Où sont les opportunités maintenant
L’article met en avant des secteurs porteurs : IA et data, santé, énergies renouvelables et transition écologique. Ils tirent la demande de compétences et offrent des voies d’accès multiples, y compris via des fonctions transverses.
Ce que j’ai fait récemment :
– Investissement en IA (https://exmachinia.com/index.html), expérimentation d’outils comme Heygen, clone vocal, design de nouveaux projets pour https://www.instagram.com/magnachange/ et https://www.magna-up.com
– Construction d’une méthode de management avec Olivier Linot et Sophie de Brabandère : un management disruptif et équilibré, au plus près du réel humain.
– Montée en compétences sur Instagram et le partage d’expérience professionnelle aux côtés de Sarah Merias.
7) Passez à l’action dès cette semaine
(1) Dressez la check-list entreprise : formation, mobilité, diversité, projets transverses, sponsors identifiés.
(2) Écrivez votre histoire en une page : choix audacieux, résultats, preuves d’impact.
(3) Un mouvement de carrière à préparer : un projet transverse, un changement de périmètre, ou une passerelle vers un secteur porteur.
(4) Deux soft skills à travailler immédiatement : prise de parole en décision et influence sans autorité.
(5) Un outil IA à tester pour accélérer votre production et gagner en visibilité.
Vous n’avez pas besoin d’attendre l’alignement parfait.
Faites, découvrez-vous, osez encore, bravez les biais. C’est ainsi qu’on devient la femme qui décide.




Commentaires