Impatience
- Karin Warin
- 27 nov. 2024
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 30 avr. 2025
L’impatience d’une étape à l’autre
Je suis impatiente. Voilà, c’est dit. Ce n’est pas le genre d’impatience qui crispe ou qui paralyse, mais celle qui fait bouillir un peu trop fort le feu intérieur. Après avoir transmis les 250 pages de mon manuscrit au correcteur de l’atelier D’Aleph, là où j’ai suivi ma formation sur le récit de vie, je ressens un vide. Tout ce temps passé à écrire, corriger, relire, m’a habitée si intensément que maintenant que le document est entre d’autres mains, je me sens presque... désancrée.
J’ai hâte, terriblement hâte, de recevoir le manuscrit corrigé. Hâte de pouvoir l’envoyer aux éditeurs qui m’inspirent – Iconoclaste, Albin Michel, Fayard, Bayard – et, pourquoi pas, de rêver qu’il atterrisse sur le bureau de Constance Trapenard. Tout cela, bien sûr, reste encore à écrire. Pour l’instant, j’ai transmis mon texte à mes proches.
Et là, c’est fascinant. Les réactions sont multiples, parfois contradictoires. Certains ont trouvé la lecture fluide et agréable, d’autres ont été touchés, et quelques-uns se sont dits surpris : « Tu as écrit ça ? Avec ce style ? Je ne t’aurais jamais imaginée capable d’un tel ton. » Cela me fait sourire. Je suis consciente que leur regard est tout sauf neutre. C’est normal. Quand les gens que l’on aime se reconnaissent – ou pensent se reconnaître – dans certaines pages, ils voient souvent un miroir. Et parfois, ce miroir renvoie une image qu’ils préfèreraient ne pas voir.
Ce qui m’a touchée, c’est qu’ils ont tous accepté que ce manuscrit, tel qu’il est, soit transmis aux éditeurs. « C’est ta vérité, pas forcément la nôtre, mais elle est sincère. » Ces mots m’ont donné une étrange sérénité. Après tout, c’est bien ce que je voulais : écrire avec honnêteté, sans chercher à plaire à tout prix, mais en restant authentique.
En attendant la préface de mon demi-frère aîné, que je sais d’une grande finesse, je me prépare aussi à la suite. L’étape où tout devient tangible : recevoir un refus, peut-être plusieurs. Mais aussi, pourquoi pas, recevoir une validation, un intérêt. C’est ce qui me pousse à regarder du côté des agents littéraires, pour m’aider à structurer la suite de cette aventure. Et à envisager déjà des conférences autour de ce livre : sur le questionnement de la réussite, la transition de vie, le chemin que l’on emprunte pour se réinventer.
Je ne cache pas que l’idée m’excite autant qu’elle m’effraie. J’ai d’ailleurs inscrit mon livre dans un objectif précis : je veux l’avoir en main pour le 15 janvier, car j’entame à cette date une formation de conférencière en cinq séances avec un champion de la discipline. Est-ce que j’en sortirai avec une conférence parfaitement ficelée ? Peut-être. Mais peu importe. Je sais déjà que ce sera utile, si ce n’est pour parler de ce livre, alors pour d’autres projets, pour moi, ou même pour la prochaine entreprise que je reprendrai.
Cette parenthèse d’un an – à écrire, à explorer, à décortiquer ma propre vie – a été un formidable outil thérapeutique. Et c’est déjà une victoire en soi. Ce livre, peu importe son sort final, m’a réconciliée avec des morceaux de moi-même et a fait jaillir des vérités que je n’aurais peut-être jamais osé affronter autrement. Alors oui, il me tarde de vivre la suite, mais quoi qu’il arrive, je suis déjà comblée par ce que cette expérience m’a apporté.
Et si cela peut inspirer ne serait-ce qu’une personne à emprunter son propre chemin, alors j’aurai vraiment réussi.




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